M.C. Beaton
M.C. Beaton était une romancière à succès et la créatrice des personnages de deux séries policières, Agatha Raisin et Hamish Macbeth. Née Marion McGowan Chesney à Glasgow, en Écosse, elle a tout d'abord été libraire puis journaliste spécialisée dans les affaires criminelles, avant de s'installer à Londres, dans Fleet Street. Après avoir déménagé aux États-Unis, elle a décidé de devenir autrice. Elle a publié une première romance historique, Regency Gold, qui a été suivie par de nombreuses autres se déroulant pendant la Régence et la période édouardienne et écrites sous divers pseudonymes. Mais c'est avec la publication de Qui prend la mouche, son premier roman policier et premier de la série Hamish Macbeth, publié sous le nom de M.C. Beaton, qu'elle a accédé à la célébrité. Elle a publié plus de 60 romans policiers au cours de sa vie et a vu ses deux séries policières adaptées à la radio et à la télévision. Elle laisse derrière elle une œuvre considérable et des légions de fans fidèles.
Biographie détaillée

M.C. Beaton, ou Marion McGowan Chesney, est née à Balornock, Glasgow, en 1936, cadette des trois enfants de David et Agnes Chesney. Son père était un marchand de charbon prospère. Son enfance n’étant pas heureuse, elle chercha souvent refuge dans les livres, rêvant de devenir un jour écrivaine.
Elle obtint un premier emploi chez John Smith & Son Ltd, la plus ancienne librairie de Grande-Bretagne, située dans St Vincent Street à Glasgow. A cette époque, les libraires devaient connaître chaque livre du magasin et étaient autorisés à les emprunter, ce qui lui permit de lire abondamment. Un jour, une cliente, qui était rédactrice dans l'édition glaswégienne du Daily Mail, lui raconta qu'elle avait besoin d’envoyer quelqu’un pour couvrir une pièce de théâtre locale dans laquelle jouait le neveu du rédacteur en chef, mais que tous ses journalistes refusaient de s’y rendre.

Marion mentit sur son expérience et proposa ses services, ce qui la conduisit finalement à devenir critique théâtrale principale à l'âge de dix-neuf ans. De là, elle devint rédactrice de mode pour le magazine Scottish Field, avant de rejoindre le Scottish Daily Express où elle se spécialisa dans les affaires criminelles.
La criminalité à Glasgow était terrifiante, et Marion éprouva des difficultés à couvrir les gangs au rasoir et les hommes à la hache dans un contexte de profonde pauvreté. En 1963, lassée, elle décida de s'installer à Londres et entra au Daily Express. Nommée de nouveau rédactrice de mode, elle réussit à réintégrer quelques mois plus tard l’information. Elle couvrit des événements tels que l'affaire Profumo et la marche des chemises noires d'Oswald Mosley, s'élevant au rang de journaliste en chef. [chief woman reporter]

C'est alors qu'elle rencontra son futur mari, Harry Scott Gibbons, ancien correspondant étranger au Moyen-Orient, mais également agent double ayant fourni de fausses informations à l'Union soviétique. Abandonnant leur carrière journalistique, ils voyagèrent à travers l'Europe pendant que Harry écrivait un livre. De retour à Londres, Marion donna naissance à son fils Charles et, aux prises à des difficultés financières, le couple décida de s'installer aux États-Unis, où Harry s'était vu proposer un poste à l'Oyster Bay Guardian.
Lorsque ce poste tomba à l'eau, ils partirent pour la Floride, puis en Virginie, acceptant tous les emplois qu'ils trouvaient pour survivre. Pendant un certain temps, elle travailla en journée comme serveuse au restaurant Steve's à Alexandria, en Virginie, pendant que son mari s'occupait de leur fils, puis ils échangeaient leurs rôles le soir tandis qu'il faisait la plonge. Enfin, ils furent embauchés dans un nouveau journal, le National Star, fondé par Rupert Murdoch, et emménagèrent à New York.
Après avoir quitté le journal pour passer plus de temps avec son jeune fils, Marion chercha une échappatoire dans la lecture de romances historiques. Elle se passionna pour celles se déroulant à l’époque de la Régence, s'inspirant des œuvres d'autrices telles que Georgette Heyer, qui gagnaient en popularité. Mais elle fut horrifiée par le manque de précision historique, notamment dans les descriptions du langage et des vêtements. Lorsque son mari lui suggéra d'en écrire une elle-même, elle rédigea les cinquante premières pages qu’il porta à une jeune femme venant de créer sa propre agence littéraire, Barbara Lowenstein. Le livre, Regency Gold, fut vendu en trois jours.

Après cela, Marion se mit à écrire des romances se déroulant pendant la Régence et la période édouardienne. La rémunération était faible. Elle dut écrire jusqu'à six livres par an pour joindre les deux bouts. Chaque éditeur souhaitant avoir les droits exclusifs sur le nom d'un auteur, aussi écrivit-elle sous son nom de jeune fille Marion Chesney, mais aussi sous les pseudonymes de Jennie Tremaine, Ann Fairfax, Helen Crampton, Sarah Chester et Charlotte Ward.
C'est lors de vacances en famille en Écosse que Marion envisagea pour la première fois d’écrire des romans policiers. Alors que les Gibbons passaient une semaine dans une école de pêche à la mouche à Lochinver avec un groupe d’une dizaine de personnes, elle imagina le lieu comme cadre parfait pour un meurtre. De retour à New York, elle soumit l'idée à son éditrice Hope Dellon. Ainsi naquit Hamish Macbeth, et le premier roman de la série, Qui prend la mouche, fut publié en 1985. Afin d'éviter toute comparaison entre ses romances historiques et ses romans policiers, elle choisit un nouveau pseudonyme : M.C. Beaton.
Marion et sa famille étaient retournées au Royaume-Uni en 1984. En 1990, ils quittèrent Londres pour les Cotswolds, et Hope lui suggéra de créer un autre détective basé là-bas. Agatha Raisin, l'héroïne cinquantenaire, irascible et politiquement incorrecte, était à certains égards l'antithèse d'Hamish Macbeth, mais les lecteurs aimèrent le personnage malgré ses nombreux défauts.
La carrière de M.C. Beaton ne cessa de progresser : la série Hamish Macbeth fut adaptée à la télévision par la BBC en 1995, et les romans Agatha Raisin en 2014. Ses romans avaient été traduits et vendus dans de nombreux pays du monde entier, mais elle connut un succès fulgurant en France dans ses dernières années, où Agatha Raisin devint un véritable phénomène. Au Royaume-Uni, elle fut pendant de nombreuses années l'autrice de fiction adulte britannique la plus empruntée dans les bibliothèques.
M.C. Beaton est décédée le 30 décembre 2019 après une brève maladie, laissant un héritage de 179 romans et nouvelles, écrits sur une période de quarante ans.